Journal d'un auteur indépendant

Ce matin-là, je me suis assis pour écrire un chef-d’œuvre. À midi, j’avais surtout perfectionné l’art du café.

Être auteur indépendant, c’est un peu ça : de grandes ambitions… et une tasse bien remplie.

On croit que le plus dur, c’est publier. Faux. Le plus dur, c’est écrire. Et surtout continuer, même quand ce qu’on écrit ressemble à une mauvaise idée bien formulée.

Alors on persiste. On rature, on doute, on recommence. Parfois, on envisage une reconversion dans l’élevage de chèvres, elles, au moins, ne jugent pas.

Et puis, soudain, une phrase tient debout. Une vraie. Presque fière. Alors on continue.

On publie, discrètement. Et un jour, un lecteur apparaît. Un seul. Mais il a lu. Et ça suffit.

Le reste ? Du café.

Et un peu d’obstination.